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Pet parents : aimer son animal comme un enfant… sans oublier qu’il est un animal

  • darochanadine
  • 8 janv.
  • 5 min de lecture
Pet parent : un regard bienveillant sur nos enfants à 4 pattes


Quelques chiffres pour commencer ! (pas d'inquiétudes, ça va aller vite)


Aujourd’hui, 61% des Français déclarent avoir un animal de compagnie, soit environ 79 millions d’animaux dans les foyers français — chats, chiens, oiseaux ou autres compagnons. 36% des français considèrent leur animal comme leur enfant. Ce chiffre grimpe à 46% chez les femmes de 35 à 44 ans et 31% chez les hommes. Et à l’échelle internationale, plus d’un propriétaire sur deux considère son animal comme un membre à part entière de la famille chats, chiens, lapins, furets... partagent nos foyers, nos canapés… parfois nos lits, et très souvent nos émotions. Ces données illustrent bien une évolution profonde du lien humain–animal.


Une étude indique que plus de 59 % des propriétaires d'animaux dans le monde les voient comme faisant partie de la famille, et une partie des propriétaires les considère même comme des “enfants”.


💬 « Mon chat choisit où je m’installe pour travailler, et j’avoue que je m’adapte », sourit Karine, pet parent à Saint-Maur des Fossés.


💬 « On me demande souvent si je parle à un bébé… mais non, c’est juste mon chien, et il a beaucoup de choses à dire », plaisante Laurent, pet parent à Champigny.


Ces témoignages ne sont pas anecdotiques. Ils illustrent une évolution profonde de notre rapport aux animaux : nous ne les “possédons” plus, nous vivons avec eux. Le terme pet parent s’est imposé pour nommer ce lien affectif fort, engagé, parfois fusionnel, où l’animal est pleinement intégré à la cellule familiale. Ce phénomène « pet parent » n’est ni marginal ni négligeable, mais bien ancré dans nos modes de vie.


Cette évolution est en grande partie positive. Mais elle soulève aussi une question essentielle — et parfois inconfortable :


Peut-on aimer son animal comme un enfant sans lui faire perdre ce qui le définit en tant qu’animal ? (Spoiler : oui pour l’amour. Pour la projection humaine… c’est un peu plus délicat.)


Le phénomène « pet parent » : un reflet de notre société


Pet parent : un reflet de notre société

Le concept de pet parent est né dans les pays anglo-saxons avant de débarquer en Europe, valise pleine d’amour, de friandises… et parfois de bons gros malentendus.


Il s’inscrit dans plusieurs évolutions sociétales :

  • la reconnaissance juridique de l’animal comme être vivant doué de sensibilité (article 515-14 du Code civil 2015 — donc non, ce n’est pas juste “dans ta tête”),

  • l’urbanisation croissante,

  • l’isolement social,

  • la baisse de la parentalité humaine,

  • et une place affective de plus en plus importante de l’animal dans le foyer(parfois discrète, parfois… centrale, stratégique, incontournable).

Être pet parent, c’est souvent vouloir :

  • offrir le meilleur à son animal,

  • veiller à son confort et à son bien-être émotionnel,

  • construire une relation forte, basée sur l’attachement (et accepter que le réveil du dimanche se fasse désormais à 5h14).


En soi, cette intention est saine. Le problème n’est donc pas l’amour porté à l’animal, mais la manière dont cet amour s’exprime.


Un partenariat, pas une hiérarchie


Un partenariat pas une hiérarchie


Contrairement à ce que certains ont trop longtemps pensé, la relation humain-animal n’est pas fondée sur la domination, car la domination interespèces n'existe pas !




Mais sur :

  • l’apprentissage mutuel,

  • la coopération,

  • la communication interespèces,

  • l’adaptation de chacun aux comportements de l’autre.


Les animaux domestiques ajustent leurs signaux (vocalisations, postures, regards) pour se faire comprendre, tandis que les humains apprennent à interpréter ces codes — un véritable dialogue interespèces.


Anthropomorphisme : quand l’amour projette trop l’humain


Anthropomorphisme : quand l'amour projette trop l'humain



L’un des pièges les plus fréquents du phénomène pet parent est l’anthropomorphisme.





Mais qu'est-ce que l'anthropomorphisme ? C’est le fait d’attribuer aux animaux :

  • des intentions humaines,

  • des raisonnements humains,

  • des besoins émotionnels humains,

sans tenir compte de leur espèce, de leur biologie et de leur mode de communication.


Autrement dit : penser que le chien “fait exprès”, que le chat “boude”, ou que le lapin “se venge”. (Spoiler : non, ils communiquent. Et parfois très clairement.)


Exemples courants du quotidien :

  • Forcer un chien à accepter des câlins constants alors que son corps dit “stop”(oui, même s’il est adorable)

  • Interpréter un grognement comme de la méchanceté (alors que c’est souvent un panneau « merci de reculer »)

  • Empêcher un chat d’être un chat par peur qu’il « s’ennuie », en l’interrompant lorsqu’il observe le monde par la fenêtre (alors qu’il avait un plan très clair : profiter de son Catflix tranquillement avant de sombrer au pays des rêves)

  • Manipuler un animal malgré des signes évidents de stress (alors qu'il voulait juste être tranquillement avec toi à t'observer faire tes "trucs" si étranges pour lui)


Dans la majorité des cas, l’intention est bonne.. Mais la traduction est parfois… très approximative.


Ce que nous rappelle l’éthologie


Ce que nous rappelle l'éthologie



L’éthologie, science du comportement animal, nous rappelle une chose simple mais essentielle !





Chaque espèce possède :

  • des besoins biologiques spécifiques,

  • des modes de communication propres,

  • une organisation sociale particulière,

  • des comportements innés et appris.


Quelques rappels essentiels :

  • Un chien n’est pas un enfant humain : il communique surtout avec son corps et a besoin de repères clairs (non, “il comprendra quand il sera grand” n’est pas une stratégie éducative).

  • Un chat n’est pas un bébé : il aime choisir quand et comment il interagit (et parfois, la réponse est “pas maintenant, merci”).

  • Les NAC ne sont pas des animaux “faciles” ou décoratifs : ils ont des besoins précis, complexes, et souvent sous-estimés.


Respecter l’éthologie, c’est accepter que l’animal ne fonctionne pas comme nous. Et franchement, heureusement.


Quand l’anthropomorphisme nuit au bien-être animal


Quand l'anthropomorphisme nui au bien être animal


À force de vouloir bien faire, on peut parfois faire… moins bien.



Une humanisation excessive peut entraîner :

  • anxiété de séparation,

  • troubles du comportement,

  • agressivité défensive,

  • inhibition émotionnelle,

  • stress chronique qui passe complètement inaperçu.


Chez le chien, trop de protection peut créer de l’insécurité. Chez le chat, ignorer les signaux de retrait peut mener à des réactions qualifiées d’« agressives » (alors qu’il s’agissait d’un non poli… répété… puis ignoré).


L’animal ne fait pas exprès. Il s’adapte. Jusqu’au moment où il ne peut plus.


Être pet parent… autrement


Etre pet parent autrement


Être pet parent ne signifie pas renoncer à la science. Au contraire, c’est souvent là que tout commence.



Ētre un pet parent éclairé, c'est :

  • se former (oui, même un peu),

  • observer avant d’interpréter,

  • apprendre à lire les signaux,

  • accepter que son animal ne corresponde pas toujours à l’image qu’on avait en tête,

  • adapter son quotidien aux besoins réels de l’animal (même quand ce n’était pas prévu dans le planning).


L’amour véritable ne consiste pas à projeter, mais à comprendre.


Pet parents, oui… mais jamais au détriment de l’éthologie


Pet parents, oui mais jamais au détriment de l'éthologie


Aimer son animal comme un membre de la famille est une avancée précieuse.





Mais aimer vraiment, c’est aussi accepter son altérité, ses limites et ses besoins propres.

Pet parents, oui. Mais toujours dans le respect de l’éthologie de l’espèce.


Parce qu’un animal respecté pour ce qu’il est souvent plus serein, plus équilibré… et soyons honnêtes : beaucoup plus agréable à vivre.


Conclusion : un phénomène naturel et profondément humain


Être pet parent n’est ni une mode ni une exagération : c’est un comportement d’attachement parfaitement compréhensible scientifiquement.


Les animaux activent nos circuits émotionnels, cognitifs et sociaux, et deviennent naturellement des membres à part entière de la famille.


La science confirme ce que les pet parents savent déjà intuitivement : ce lien est unique, enrichissant et vital pour les deux parties.


Aimer un animal, ce n’est pas le transformer en humain, c’est apprendre à le regarder tel qu’il est : avec ses instincts, son langage, ses émotions et ses besoins propres.


Quand on prend le temps d’observer, de comprendre et d’écouter, la relation change. Elle devient plus simple, plus juste, plus sereine… et souvent encore plus belle.


Parce qu’au fond, aimer son animal, ce n’est pas seulement lui donner tout notre cœur, c’est aussi faire l’effort de comprendre le sien.









J'espère que vous avez aimé ce post, si oui n'hésitez pas à me le dire ou encore si vous souhaitez en savoir plus.


Crédits photos : Freepik



 
 
 

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